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Alternative au charbon, ???

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1 Alternative au charbon, ??? le Mar 13 Mar 2018 - 16:52

cyrilvdb


Un croisement de circonstances me font réfléchir à nouveau à l'héliogravure:

• Je viens d'être invité par le centre de gravure genevois en à participer à leur dernière exposition, avec mon travail photographique (l'idée de base étant de faire une fresque murale, mais le mur en a décidé autrement, c'est donc un tirage en grand format qui est présenté).

• Une lecture matinal sur les révélateurs tannant (je fabrique mes propres émulsions au bromure d'argent et certains papiers me posent des problèmes, pas que les papiers d'ailleurs...) dans le Glafkides 1976, p782, il est dit que les révélateurs comme le pyrogallol sans sulfite, permettent de révéler l'image tout en tannant localement et donc de créer une image en relief.

Je ne me suis pas encore lancé dans cette grande aventure qu'est l'héliogravure, mais je vous lit, et essaye de me nourrir avant de franchir le pas. Bien entendu je ne manquerai pas d'aller faire un stage chez Hervé Sachy, mais je me demandais si certains d'entre vous avaient déjà entendu parler ou essayé cette technique.

Bien cordialement

Cyril Vandenbeusch

2 Re: Alternative au charbon, ??? le Mer 14 Mar 2018 - 11:46

jeanclaude

avatar
Bonjour Cyril
Oui nous sommes plusieurs à réaliser de héliogravures.
Il y a Hervé dont tu as cité le nom mais aussi Carles Mitja, professeur de photographie qui possède une connaissance très pointue de cette technique.
Il y avait aussi mon ami Claude Plessier qui a arrêté y avoir consacré plusieurs années.
J'ai réalisé des héliogravures, formé à cette technique par le regretté Pierre Brochet (1) qui avait complètement redécouvert et remis en oeuvre cette technique en France alors que quasiment plus personne n'en faisait excepté le glorieux atelier de Saint Prex.
C'est une technique qui au fond est assez simple pour qui connait l'eau forte et les tirage photographique au charbon.
Technique simple mais extrêmement exigeante tout au long des nombreuses manipulations qui aboutissent au cuivre héliogravé.
Quand j'ai appris cette technique on utilisait un positif argentique (sous lequel on insole aux U.V.) et les étapes minutieuses de l'insolation UV jusqu'à la morsure sous le grain de résine étaient assez classiques à la fois pour un photographe et pour un aquafortiste.
De nos jours on crée le positif par impression jet d'encre et les réglages de densités sous Photoshop ne sont pas évidents, les méthodes sont multiples et pas toujours faciles à assimiler, il faut des imprimantes jet d'encre performantes en impression N&B
De plus on utilise rarement le grain de résine mais une double insolation sous le positif et sous trame aléatoire.

L'héliogravure est devenue une suite d'opérations complexes qui ne s'apprennent pas sans un patient apprentissage.
MAIS CELA EN VAUT LA PEINE C'EST UNE TECHNIQUE PASSIONNANTE QUI PERMET DE SPLENDIDES IMAGES.

Enfin l'héliogravure demande un labo assez spacieux avec de grands éviers et bien équipé, densitomètre, insoleuse U.V. , eau chaude thermostatée...de préférence et, beaucoup de place.

(1) - Histoire de la photographie - JC Lemagny et A. Rouillé -  Bordas Editeur - page 219

3 Re: Alternative au charbon, ??? le Jeu 15 Mar 2018 - 12:58

cyrilvdb


Bonjour Jean-Claude,

J'entends bien tes réserves quand à l'organisation de l'espace de travail, mon labo photo est plutôt bien équipé et je devrais avoir accès à un atelier de gravure (ainsi qu'à des conseils).
La question que je me pose est celle du charbon, de ce que je connais des techniques alternatives, il faut bien deux ans pour dompter un peu une nouvelle technique. Et le charbon je pars presque de zéro (sauf une certaine habitude à couler de la gélatine).
Donc, je me demandais si vous connaissiez quelqu'un qui a expérimenté le gélatino-bromure en relief (un peu l'idée du morcendage, même si je ne pratique pas) en utilisant un révélateur qui tanne localement.

Donc voilà l'idée du déroulement:
détendre d'émulsion avec son poids de gélatine à 8% afin d'avoir une couche suffisamment épaisse en gélatine sans augmenter le bromure d'argent
exposer normalement sous l'agrandisseur
révéler au Pyrogallol 2g, génol 0,5g, sulfite de S 2g, carbonate de S anhydre 7g, BrK 0.5g, acide ascorbique?, eau qspf 1litre
arrêt et fix
lavage
transfert.

Mais le plus simple est que je fasse un essai, je vous tiendrai au courant.

Bien cordialement

Cyril

4 Re: Alternative au charbon, ??? le Jeu 15 Mar 2018 - 13:32

jeanclaude

avatar
Bonjour Cyril
Non je ne connais personne qui a expérimenté ce tannage pour en relief de la gélatine.

tout au plus cela évoque un rapprochement avec les techniques suivantes:
- la Woodburytypie qui consiste à mouler dans du plomb une image en relief de gélatine
- la méthode de Fenton qui était une sorte d'héliogravure reposant sur une réticulation de la gélatine.

Cependant je ne vois pas le lien avec les tirages charbon. Le tirage au charbon (saluons la mémoire d'Alphonse Poitevin) est une technique que je connais bien et que je pratique souvent?
Le tannage pour relief de gélatine n'intervient pas dans ce procédé. Il est même important que la gélatine chargée en pigment et porteuse de l'image ne soit pas préalablement tannée, cette modification de solubilité étant assurée par l'insolation U.V. en présence de bichromate.
On pourrait faire un rapprochement avec le procédé Carbro (contraction de Charbon/bromure) qui consiste à modifier l'état de solubilité de la gélatine par contact avec une image argentique chimiquement traitée. on se retrouve alors avec une image inscrite dans la gélatine de même nature que celle obtenue après insolation aux U.V. de la gélatine bichromatée.

5 Re: Alternative au charbon, ??? le Jeu 15 Mar 2018 - 13:49

cyrilvdb


Bonjour Jean-Claude,

Merci de tes réponses!

Bien entendu dans le procédé au charbon, la gélatine n'est pas tannée, mais chargée de pigments et sensibilisée au bichromate, l'exposition aux uv et le dépouillement vont laisser une épaisseur de gélatine qui donnera les nuances en fonction de son épaisseur, l'image est donc en relief.?.
De ce que j'ai compris de mes lectures, lors de la morsure, c'est l'épaisseur de gélatine qui permet une plus ou moins bonne diffusion du mordant.
D'ailleurs, une question que je me pose: dans les endroits de micro contrastes fort, il n'y a pas un effet de diffusion du mordant, qui estomperait les nuances?

Bon il est presque 14h, j'ai un gros mail à envoyer et je teste cette "chose" si j'ai le temps.

Cyril

6 Re: Alternative au charbon, ??? le Jeu 15 Mar 2018 - 16:54

jeanclaude

avatar
Cyril
dans ton dernier message je lis deux choses:
ta description du fonctionnement du tirage charbon est exacte.
C'est une excellent moyen d'avoir un rendu linéaire qui restitue les moindres modulations de densité du négatif

Mais ensuite
dans la foulée tu parles de la morsure à travers la gélatine il s'agit là d'autre chose: l'héliogravure...

Dans l'héliogravure on peut créer le "resist" de gélatine de deux manières:
- soit en coulant de la gélatine bichromatée avec une tournette qui  par la force centrifuge étale la gélatine sur le cuivre
- soit en réalisant un tirage au charbon (le pigment est généralement de couleur rouge comme sur le bon vieux papier autotype) et on transfère la gélatine de ce tirage sur le cuivre
remarque importante: ce tirage charbon est obtenu par insolation sous un positif

Si je peux me permettre: tes remarques sur une diffusion possible qui détruirait le micro-contraste, il s'agit là d'une analyse ultra minutieuse du procédé qui a fait ses preuves depuis  des années sans que personne ne dénonce ce manque de micro-contraste. Au contraire tous admirent le rendu doux et fidèle de l'héliogravure.
C'est une question à poser à notre ami Carles Mitja.

Mais déjà mettons nous d'accord pour savoir de quoi nous parlons.
cordialement

7 Re: Alternative au charbon, ??? le Sam 24 Mar 2018 - 12:56

carlesmitja

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jeanclaude a écrit:C'est une question à poser à notre ami Carles Mitja.

Et bon, certainement il y a dans ce fil quelque mélange de procèdes. Sur cette question du micro-contraste il y a beaucoup de choses à dire et peut être nous aurions besoin d'un forum entière, même d'experts au-delà de nos connaissances. À mode de résumé et à partir de mon expérience en image numérique et en héliogravure, la perte de micro-contraste par diffusion de la lumière dedans les couches qu'elle doit traverser, c'est pas facile à éviter avec systèmes analogiques. Dans le cas concret de la Photographie et au labo N&B, il y avait le méthode des masques floues pour les porte-négatifs de l’agrandisseur qui amélioraient la netteté des positifs sur papier tout en forçant une netteté ajoutée à chaque bord de transition sur l'image. Ces masques on était l'inspiration des utiles numériques nommés Unsharp Mask (je connais pas le mot correcte en Français) aujourd'hui présentes dans tous les logiciels de traitement d'image. Si on utilise le film argentique pour créer le positif en hélio ou le négatif en charbon transporté, platine, palladium, etc., on peut toujours récupérer la méthode des masques floues dans l'agrandisseur. Si on ajoute un surplus de netteté dans le positif, même un peu exagéré, on pourra compenser une part de la perte imposée dans les pas suivants d'insolation, transfert et éventuellement, morsure. Avec l'utilisation de positifs ou négatifs élaborés avec imprimantes au jet d'encre, le surplus de netteté on peut bien contrôler dans l'étape numérique de préparation de l'image. Par exemple, quand je vais imprimer une image au jet d'encre pour être utilisée comme état final de l'image, j'applique  une certaine quantité de Unsharp Mask au fichier. Cette quantité a était déterminée d'auparavant en fonction du nombre de pixels du fichier, de la mesure réel de l'impression et d'autres considérations techniques et aussi esthétiques. Mais si la même image numérique est destinée a être imprimée comme positif transparent pour l'hélio, elle va recevoir un surplus de netteté numérique. Cette netteté un peu exagérée augmente le micro-contraste et ça doit être tenu en compte au niveau de le contraste général de l'image. À chacun la décision sur le contraste nécessaire. En procédant de cette manière, je suis suffisamment satisfait avec la netteté et contraste de mes impressions. Malheureusement, pas encore satisfait avec mes habilitées avec l'encre, le papier et la presse.

http://www.carlesmitja.com

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